Faya-Largeau entre urbanité saharienne et résilience oasienne
Hassane MAHAMAT HEMCHI, .
Résumé : Les petites villes sahariennes et secondaires du Sahel, comme Faya-Largeau au Tchad, se trouvent aux croisements des pressions démographiques, climatiques et urbaines. Faya- Largeau qui est un archétype des villes sahariennes périphériques et oasis, confrontée à une double marginalisation : environnementale par son exposition aux aléas, et politique par sa faible intégration dans les priorités nationales, connaît une vulnérabilité multifactorielle et cumulative résultant de l’imbrication entre aléas climatiques (chaleur extrême, ensablement, stress hydrique et vents violents) et dysfonctionnements urbains. Cet article vise à proposer une lecture renouvelée de l’urbanisme saharien, fondée sur la résilience comme impératif de développement durable de la ville oasis de Faya-Largeau par une approche systémique qui articule fonctions urbaines et pratiques locales qui se base sur l’interaction entre spécificité environnementale, réalités sociales et pratiques de gouvernance. L’analyse repose sur les données d’une étude de terrain effectuée en 2022. Ce texte plaide pour une planification urbaine durable, en tenant compte des réalités territorialisées dans son contexte désertique de ségrégation et d’agrégation socio-spatiale et des politiques d’aménagement urbain proposé par le Schéma National d’Aménagement du Territoire de 2013. Mots-clés : Villes oasis, villes sahariennes, urbanité, Faya-Largeau.