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Résilience féminine dans un contexte de crise cacaoyère dans la sous-préfecture de Mèagui (Sud- Ouest de la Côte d’Ivoire)

Guy Roger Yoboué KOFFI, .

Résumé : Cette étude analyse la crise de production de cacao dans la sous-préfecture de Méagui dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Elle met en lumière les stratégies de résilience mises en oeuvre par les femmes rurales. À partir d’une enquête de terrain menée dans sept villages, les résultats révèlent une régression massive des superficies cacaoyères, avec des pertes allant jusqu’à 74,73% à Kragui, 73,85% à Pascalkro, 72,91% à Gnitituagui. Cette crise est attribuable à plusieurs facteurs, notamment le vieillissement des vergers, la propagation du Swollen Shoot, et la faible rentabilité économique. Sur le plan social, la baisse des revenus agricoles affecte fortement les conditions de vie des ménages. Dans certaines localités, plus de 50% des producteurs perçoivent moins de 100 000 F CFA par mois, compromettant la satisfaction des besoins essentiels (alimentation, éducation, santé). En réponse, les femmes développent des stratégies de résilience plurielle, en s’impliquant dans les cultures vivrières (riz et manioc : 30% chacune, légumes : 24%). Si 67% d’entre elles atteignent un revenu annuel compris entre 200 000 F et 400 000 F CFA, une minorité (25%) dépasse ce seuil, illustrant un potentiel de reconversion et d’autonomisation. L’étude souligne que, malgré leur rôle central dans la survie des ménages, les femmes rurales restent confrontées à de fortes contraintes structurelles. Elle recommande une réponse politique intégrée, combinant la relance technique de la cacaoculture, soutien au vivrier féminin, sécurisation foncière et justice économique, pour bâtir un modèle agricole plus équitable et durable. Mots-clés : Crise cacaoyère, cultures vivrières, femmes rurales, résilience Méagui, Côte d’Ivoire.

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